Il est assez pénible de constater que plus le rock’n roll frappe à nos portes (de la publicité pour la dernière Opel Astra aux télé cochets), plus les artistes estampillés « rock » se comportent comme des patrons de PME. Des Strokes qui gèrent les ego au sein du groupe comme un PEL (intérêts = royalties ?) en passant par ces sempiternelles reformations à la mode Pixies, il ne reste guère que Pete Doherty pour incarner ce cliché de la star ingérable qui ingère à peu près tout ce qui traîne dans le cirque des médias.
Exception peut-être notable à cette décadence du rock en forme de clause de décence exigée : Wu Lyf (pour Lucifer Youth Foundation). Ce groupe de Manchester fait cette semaine la une des Inrocks et ça change, agréablement, de Manu Chao ou du Festival de Cannes. Visiblement connu des services du buzz musical mondial, Wu Lyf est pour moi une découverte totale et ce qu’on peut lire, ici ou là, sur cette bande d’allumés est au moins aussi réjouissant que leur musique est brutale.
Pas de compromis avec l’industrie (contrôle total ou rien), pas de single à fredonner (quelle radio oserait), pas de stratégie pour brosser l’auditeur dans le sens du poil (son cracra de rigueur). Wu Lyf a mis un orgue et une voix déchirante dans une église désaffectée, a secoué le tout jusqu’au point de rupture et gravé l’explosion sonore sur disque. Dit comme ça, on pourrait croire à une énième variation sur le retour de l’esthétique punk et de l’illusion du « fais le toi même ». Sans doute puisque le bandana offert aux premiers auditeurs vaut passeport pour tous leurs concerts à travers le monde… mais cette anecdote serait aussi réductrice que de limiter Godspeed You Black Emperor à une bande de gars qui mettent eux-mêmes leurs disques dans les pochettes.
Au-delà du cri, Wu Lyf semble mu par une idée qui dépasse ses accords : devenir la bande son de l’indépendance et de la jeunesse conquérante. Une ambition magnifique incarnée à la limite du supportable par un site web qui tient davantage du manifeste multimédia que du blog de tournée. L’album s’intitule Go Tell Fire To The Mountain, ses auteurs sont Wu Lyf, ils jouent de la Heavy Pop, seul l’avenir dira la suite de cette aventure au pays de l’insoumission.
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WU LYF L Y F from LUCIFER YOUTH FOUNDATION on Vimeo.
Double ration de musique en ce dimanche ensoleillé, du moins sur Paris, avec le nouveau simple de Depeche Mode et surtout une jolie ballade signée Pete(r) Doherty en solo.
Si DM aime toujours autant s’adresser aux masses sur fond de rythmique industrielle et de couplets tourmentés, ce premier morceau de Sounds of The Universe sonne désespérément creux. Alors que le groupe avait toujours su apporter une nouvelle petite pierre à chacun de ses nouveaux efforts, ce premier extrait me semble un peu « wrong » justement. A vous de juger…
PS : pour les fans de popquizz, SOUNDS THE UNIVERSE s’incarne également par là…
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Depeche Mode – Wrong (single version) [mp3]
Usé, largué par sa pimpante pomponette cocaïnée et presque abandonné par tous ceux qui l’avaient encensé, Pete Doherty vit une sale période. Si l’on ajoute le départ d’Hedi Slimane de chez Dior, on risque même de le voir désormais habillé en jogging dans les pages mode des tabloïds. Toutefois, ces vicissicitudes semblent avoir nourri la créativité de l’ancien co-leader des Libertines qui réussit, avec Shotter’s Nation, un album supérieur et plus cohérent que Down In Albion. Allez courage mon gars…
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