Les télé crochets sont-ils solubles dans la variétoche ? Assurément oui… En France, Jenifer et Monsieur Bichon sont à peu près ce que 10 ans de Star Academy et de Nouvelle Star ont produit (au sens littéral) de plus écoutable dans leurs genres. Pas de quoi se mettre à découvert dans l’épicerie musicale la plus proche. De l’autre côté de l’Atlantique, aux « States » comme on dit sur W9, ils ont tenté cette année le pari un peu dingue de la rencontre tous les publics : The Voice. La composition du jury était assez édifiante :
Tout cela reste évidemment mainstream, mais a permis d’aboutir à quelques jolis moments de musique à la télé, parfaitement léchés et sans aucune fausse note. De la variétoche améliorée à la qualité cérémonie des Oscars en somme. J’y ai surtout découvert l’existence de Florence And The Machine sur la foi d’une reprise hallucinante (au moins sur le plan scénographique) de Dog Days Are Over par l’une des concurrentes (video inside). Ladite Florence dont l’album Lungs date quand même de 2009 (honte sur moi) possède un sacré filet de voix et surtout une manière toute britannique de trousser des atmosphères. Elle a visiblement raflé un paquet de récompenses à travers le monde et probablement vendu des pelletés de 45 tours sur iTunes. La chanson Dog Days Are Over reste cela dit le sommet de son album et constitue ces derniers temps la bande son idéale à l’apparition fugace d’un rayon de soleil.
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Florence And The Machine – Dog Days Are Over (mp3)
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Mais que se passe-t-il avec les anciens membres du Velvet Undergtround ? Jadis héros du NYC interlope et des soirées cuir de la Factory de Warhol, ils faisaient méchamment chouiner les amplis et ont su depuis 40 ans garder leur propre mythologie loin de la hype et des feuilles d’impôts. Si l’on excepte une reformation vaguement foireuse au mitan des années 90 (en première partie de U2 !), chacun des survivants pouvait encore se regarder et apprécier à sa juste valeur cette citation de Brian Eno : « Si à l’époque peu de gens ont acheté leurs disques, tous ceux qui l’ont fait ont formé leur propre groupe ».
Ah la belle histoire du Rock avec une majuscule. Sauf que rien ne va plus… Moe Tucker, grande frappeuse de fûts minimaliste et âme du VU, a décidé de s’acoquiner avec le Tea Party. Interviewée « par hasard » à un meeting, elles explique être « furieuse que son pays soit mené vers le socialisme ». Des propos terribles à l’aune de l’aura de contre culture du Velvet et passés inaperçus dans la mesure où la presse locale ne semble guère encline à écouter du rock expérimental entre deux poursuites sur l’autoroute. Puis, la vidéo refait surface (merci le WWW) et Moe accepte enfin de s’expliquer. Et là attention, on ne rigole plus du tout ! Mamie Tucker en a gros sur la patate et craint de voir l’Amérique sombrer dans le chaos de l’Etat providence. L’interview réalisée par email est à lire ici.
Le pompon revient toutefois à Lou Reed qui, après avoir accepté que Susan Boyle reprenne Perfect Day (première faute de goût ?), a souhaité lui même réaliser la vidéo qui accompagnera ce beau moment de musique sous le sapin des amateurs (deuxième faute de goût !). Et là attention, on ne rigole plus du tout ! Papy Reed s’est dit qu’une telle interprétation méritait un écrin à sa démesure. Résultat une ambiance digne de Highlander où Tatie Susan prend froid devant un lac embrumé. A se demander s’il n’aurait pas mieux fait de prendre Peter Jackson finalement…
Pour les plus téméraires qui souhaiteraient se remettre de toute cette poésie visuelle, vous trouverez des images de Papy et Mamie du temps de leur splendeur rebelle passée…
Watch :

C’est l’histoire d’un homme, Jamie Livingstone. Il gravite dans l’industrie du cinéma et prend un Polaroïd tous les jours (ou presque) durant 18 ans… Et puis un jour la maladie l’emporte peu après son mariage. Et tous ces instantanés, futiles ou graves, deviennent ce qu’il reste d’une existence. Et les amis du défunt lui rendent un hommage en exposant cette collection, puis en la mettant en ligne sans tambour ni trompette. Et de temps à autre, un type (re)découvre cette histoire. Et il espère alors que ces milliers de Polaroïds scannés avec amour (au sens propre de l’expression) resteront en ligne aussi longtemps que quelqu’un pourra payer l’hébergement ou que des internautes s’empareront de cette capsule de mémoire.
A quoi sert le web ? A ça peut être…
> l’article original
> le post de Boing Boing qui a retrouvé le précédent
> Jamie Livingstone sur Wikipedia